" LAURENT & SIMON ou LE MIROIR INVERSE "
 
 

RESUME :

Une pièce de théâtre où l’on retrouve l’humour sur un fond existentiel.
Laurent, personnage léger, drôle et sympathique est attablé avec Simon, son vieil ami,
l’indécrottable intellectuel et fan de Mai 68.
Une jolie fille, Françoise, deviendra l’enjeu de ces deux personnages qui vont utiliser tous les stratagèmes possibles pour la séduire ! Hélas pour eux, la nymphe de leurs rêves les plus fous,
se rendra compte qu’elle ne peut aimer que « les deux en un . »

   

Scène 1

 
 
Laurent et Simon sont attablés au "Maupassant",un bistrot
typiquement parisien.
 
Laurent:   

Non, non, non!(Il donne un coup de poing sur la table, puis enchaîne violemment...)

L'existentialisme n'est pas l'objet d'un savoir, Simon, mais l'essence d'un comportement existentiel...
 
 Simon:      

Oui, oui, peut-être !

Mais tu prêches pour ta chapelle ; tu fais une année de "Droit" à la Sorbonne et    tu rates...

L'année d'après, tu fais la "Java" dans toutes les boîtes  à la mode de Paris et tu te lèves tous les jours à midi ;

La troisième année, tu reprends la "Fac" et ainsi de suite...
Alors je comprends (ironiquement) que l'existentialisme soit pour toi l'essence d'un comportement existentiel...
 
 Laurent:    

Je le sais maintenant !

On ne t'avait jamais dit que j'étais le fils d'Epicure 
 
 Simon:       

Epicure? ( Il réfléchit puis s'exclame)

Mais c'est une cure de sérieux dont tu as besoin...
 
 Laurent:    

Cela fait cinq ans qu'on ne s'est plus vu et je constate que tu n'as vraiment pas changé...

Tu ne vis pas toi !
T'es plein de poussière, de toiles d'araignée, à l'image de la bibliothèque que je peux imaginer chez toi...
 
 Simon         

Tu es aimable, aimable!!

Dis tout de suite que que je ne me lave pas, que je sens mauvais !!
 
Laurent:     

Je n'oserais pas, tu le sais bien...( avec humour )

Mais tu ne vis pas, Simon !!
Tiens, réponds-moi franchement, combien de "nénettes" tu t'es farci ces temps-ci ?
 
Simon :         

(L'oeil vif derrière ses lunettes rondes)

Franchement et sincèrement?
 j'ai pris une assurance vie !
 Je ne joue pas avec le Sida, moi!
(fort) Aucune! Tu es satisfait ?
Toi, tu vas me dire que tu t'en es fait une centaine !
Mais dans quelques années, tu ne joueras plus Monsieur Schwarzenegger     devant tes minettes; tu ne seras plus qu'un squelette dans un affreux petit            lit d'hôpital, ne te tapant plus que des fellations spirituelles!
 
 Laurent:       

Je le savais! Tu es jaloux!

Parce que je suis le plus beau, le plus grand et le plus fort!
Tu te rappelles notre dernière année, le "bac" ?
Tu en mordais pour Nadine;et avec qui Nadine est sortie?
Avec "Bibi" ! Et tu sais pourquoi?

Parce que moi, je lui offrais la vie !

Toi tu l'ennuyais avec tes discours Rimbaldiens !
Simon, sois lucide !
Rimbaud ou les autres , c'est poussiéreux !!
Nous sommes au siècle de la télévision, du gsm, du Nintendo;le siècle de la communication, des médias....
 
 Simon:          (L'interrompant)
                        

Une révolution de la bêtise humaine!

Le "paradoxe" !(rires)

Le siècle de la communication ou plus personne ne communique !

Les gens sont égoïstes, stupides et sans culture : le nivellement par le bas!
J'avoue honnêtement que ça te ressemble!
 
Laurent :       

Alors, pour toi , ouvrir les yeux des gens, ouvrir des fenêtres sur le monde,

c'est un nivellement par le bas ?
Tu sais ce qui nous différencie, Simon ?
Toi, tu rames encore sur une pirogue, tandis que moi, je te survole en avion ;   moi, j'arrive à destination trois heures après ...Toi, six mois plus tard!
(En disant cela à Simon,  Laurent se marre)
 
Simon:          

"Qui va piano va sano "!

              

Laurent :      

Cela fait un quart d’heure ou plus qu’on discute et on ne s’arrête pas de se lancer
des vannes!
Soyons sérieux !!

J’ai arrêté mes études, c’est vrai ! Mais j’en avais marre.  Je me suis inscrit alors,   en septembre, au Conservatoire, section « théâtre » ; tout le monde me disait qu’avec  ma verve, ma place était sur les planches.
Je dois dire (l’air suffisant) que mes professeurs m’apprécient énormément !
J’ai sûrement du talent !

 
Simon :       

Si c’est toi qui le dit !
(Toute cette conversation s’est déroulée sur un fond musical, en sourdine, puis,
brusquement, le son s’élève et les deux compères ne s’entendent plus.)

Laurent :   

Marcel !! Ohé Patron ! ( en prononçant le mot « patron », il imite l’accent africain )
On ne s’entend plus !

(Marcel réplique, lui aussi, avec l’accent africain)

Marcel :      

Tout de suite, mon Prince !

Simon   :     

C’est mieux ! (En parlant de ma musique)

Laurent :    

Dis, Simon, je parle de moi, je parle de moi !
Mais je ne t’ai même pas demandé quel chemin tu avais suivi depuis qu’on s’est
perdu de vue ; je suis sûr que cela doit être très sérieux et passionnant !

Simon    :    

Je crois que ce que je fais actuellement ne t’étonnera pas : philo religieuse !
Dans cette fac, mon âme a trouvé refuge !
Tu vois !! J’ai pu polariser et soulager ma souffrance existentielle sous les  arcades d’un  château divin !

Laurent   : 

Tu es resté  ce chevalier en quête du « Graal » !
Depuis que nous sommes assis, tu ne m’as pas encore parlé de l’amour !
Et une question me brûle les lèvres…
Que représente une femme pour toi ?                        

Simon :      

Eh bien, disons que la femme est comme une rivière qui coule dans son lit ;
sa largeur et sa longueur sont mesurables mais son flux est impalpable et
Infini…Comme une pensée surréaliste !

Laurent : 

" Rivière, Lit", je veux bien, mais en as-tu couchée au moins une dans ton lit ?
As-tu connu, une seule fois dans ta vie, l’extase de faire l’amour avec une femme aimée ?

Simon   :   

Si je comprends bien,  je dois m’exprimer dans ton langage… et tu me demandes
si j’en ai sautées quelques–unes ?        

 

                                                                                                              FIN DE L'EXTRAIT