" ETERNITE SAUVAGE  " Editions Saint-Germain des Prés (Paris)
     
 

 

 ETERNITE SAUVAGE

Extrait 1

Je suis réssuscité
Nous sommes réssucités
Conjugaison commune
Floraison de l'Eden recréé
Le miracle est palpable
L'impossible réalisé
Dans le bouleversement des lumières
Les étoiles ont disparu
Le ciel n'existe plus.

Je suis réssuscité
Sommes-nous réssuscités
Les ténèbres ne souffrent plus
De leurs combats
Avec le jour
L'univers est notre cathédrale
Le bonheur,notre sang
L'éternité, l'amour
Les escaliers du monde
ont disparu.

Extrait 2

Et toi, Femme
Epouse de la Grèce
Hélène si belle
Dans tes longs cheveux
Veux-tu approcher de moi
Et ressentir ma présence
Sans bousculer le silence
Peux-tu me toucher avec pureté
Et communier avec mon désir
Sans oser le réaliser
Puis-je m'élever
Redécouvrir la beauté
Ou même, la réinventer
En te regardant marcher
Puis-je revivre l'instant charnel
Pour apaiser le souffle du désir
Qui vide l'esprit
Puis-je dessiner un sourire
Dans ta prison ivre
Et t'imaginer...libre?

Extrait 3

Ariane n'a jamais coupé le fil
Que je tiens encore dans ma main
J'ai beau me perdre infiniment
Elle me retrouve éternellement
Son fil m'a suivi dans la sphère vide
Où le verbe est limpide
L'éternité sauvage est née dans son ventre
Comme un enfant malade
Et le fil m'y conduit pour la tuer
Sa chevelure blonde éclaboussée de soleil
M'a rendu aveugle
Mais je la vois encore
Et par ce fil
Elle porte ma mort
Elle m'a rendu la cécité
Pour préserver mon innocence
Voit-elle la balance qui penche
Le fil qui accuse le poids
De mon indifférence
Peut-être de ma chance
D'être si loin d'elle.

Extrait 4

Je peux gémir, pleurer, m'anéantir
Renverser le monde
Redécouvrir l'Arcadie
Dans un rêve d'adolescent,
Panser mes plaies avec l'argile
De cette terre où je suis étranger
Où les arcanes de l'alchimie
M'ont mélangé avec les fluides de la conscience;
Suis-je l'arlequin d'une autre dimension
Qui ne fait plus rire que les ombres?
Notre subconscient est demeuré biblique
Un océan où seules les vagues sont évangéliques
L'évolution est un arpège en guerre
Qui ne connaît d'armistice;
Sur les côtes Armoricaines
Les poissons morts
N'ont pas parlé de l'homme.

Des légions s'avancent vers nous
Soldats de feu
Ceints du glaive orgueilleux
Vos coeurs palpitent comme un volcan
Vos clameurs sont la lave destructrice
Crachées dans les limbes du sacrifice
Où nous vivons cachés
Protégés par nos prières magnétiques
Les anges damnés sont des flammes qui brûlent
L'enfer est un éternel crépuscule
Où se meurt le soleil éclaté;
Les anges damnés sont des mains qui hurlent
Comme le chien abandonné
Sur le corps de son maître
Mort dans le désert.
Les légions s'avancent
Soldats fiévreux et maquillés
S'en vont mater les révoltés
De l'éternité.

Extrait 5(Fin)

J'ai aimé dans une ville sans lumière
Et l'amour ne m'a pas laissé de chance
Ma haine retombe sur vous aujourd'hui,
Sur vous les hommes,les femmes,les dieux
Ma haine vous déchire, vous lacère
Les dieux faisaient partie du corps d'un Dieu
Je renie ce qui me domine,ce que je n'ai jamais compris
Et qu'au jour de ma mort
Il n'y ai ni limbes ni enfer, ni paradis
Mais un endroit cruel où je pourrai vomir mon passé
En oubliant les voix de la conscience
Que je devienne l'anachorète d'une éternité
Où le sang est du vent
Et que je souffre lorsqu'il souffle

Que Nahas me pique et que son venin
Me fasse basculer entre le rêve et la réalité
Dans une éternité sauvage où seul l'amour
Dans sa transparence, pour mon rachat
Pourra me spiritualiser et me replonger
A jamais dans la vie divine

Que les anges purifient ma haine
Ma fureur, mon désespoir
Que les anges m'emportent enfin
Pour rejoindre les autres prophètes
Ceux du début et de la fin
Dans la félicité de l'ETERNITE.